Politique · Politique européenne
Metsola soutient Meloni sur la bureaucratie européenne alors que se dessinent les ambitions de 2029
La présidente du Parlement européen salue l'approche de simplification de la Première ministre italienne au festival de Rimini tout en critiquant les règles sur les emballages adoptées durant son propre mandat.
Roberta Metsola s'est présentée devant un festival politique et culturel catholique sur la côte italienne et a fait quelque chose qui aurait été impensable pour un président du Parlement européen il y a seulement dix ans. Elle a explicitement approuvé la philosophie réglementaire d'une Première ministre nationaliste de droite.
Lors du Meeting Rimini annuel mercredi, Metsola a salué l'approche de Giorgia Meloni pour réduire la bureaucratie de l'Union européenne, la qualifiant de solutions de bon sens. La femme politique maltaise, qui préside le Parlement depuis 2022, s'adressait à un public comprenant des responsables du gouvernement italien et des chefs d'entreprise de plus en plus exaspérés par la réglementation bruxelloise.
Ce discours importe car il révèle quelque chose sur l'évolution des dynamiques de pouvoir au sein de l'UE. Metsola brigue un troisième mandat à la tête du Parlement, ce qui la maintiendrait en poste jusqu'en 2029. Ce calendrier coïncide précisément avec le prochain processus de sélection du président de la Commission européenne. Ses déplacements réguliers à Rome et ses rencontres avec des responsables italiens alimentent les spéculations selon lesquelles elle chercherait à constituer un soutien pour ce prix ultime.
Le règlement sur les emballages devient le cas d'épreuve
Metsola ne s'est pas exprimée en termes généraux. Elle a désigné un texte législatif précis devenu un point de friction entre les États membres et les institutions européennes. Le règlement de l'Union européenne sur les emballages, entré en vigueur ce mois-ci, oblige les entreprises à couvrir les coûts de gestion de leurs emballages une fois devenus déchets. Ce système, connu sous le nom de responsabilité élargie du producteur, existe sous diverses formes depuis des années, mais les nouvelles règles étendent considérablement sa portée.
En vertu du règlement, les entreprises doivent également désigner un représentant dans chaque pays de l'UE où elles vendent leurs produits. Pour les petites et moyennes entreprises opérant au-delà des frontières, cela crée des charges administratives qui augmentent avec chaque marché supplémentaire. La Commission européenne a suggéré en décembre de supprimer cette exigence pour faciliter la mise en conformité, mais les gouvernements de l'UE s'opposent à cette idée tandis que certains membres du Parlement européen souhaitent supprimer la mesure uniquement pour les petites entreprises.
La critique de Metsola pèse particulièrement lourd car les règles sur les emballages ont été adoptées durant son dernier mandat de présidente du Parlement. Elle l'a reconnu indirectement, déclarant que les règles imposent des charges rigides et contre-productives aux petites et moyennes entreprises européennes, ce qui est exactement le contraire de ce que l'Europe devrait représenter. Elle a ensuite promis une action : Je suis fière que le Parlement européen ait pris l'initiative de corriger cette situation dans les semaines à venir.
La longue bataille de l'Italie contre Bruxelles
L'Italie fait pression contre le règlement sur les emballages à Bruxelles depuis avant son adoption. Cela s'inscrit dans un schéma plus large sous le gouvernement Meloni, qui s'est positionné comme défenseur des intérêts nationaux face à ce qu'il qualifie de centralisation excessive de l'UE. Le dossier des emballages n'est pas isolé. Les entreprises italiennes se sont plaintes des réglementations numériques, des normes environnementales et des règles financières qui, selon elles, ont été conçues sans prise en compte suffisante des structures économiques de l'Europe du Sud.
L'alignement de Metsola sur cette perspective représente un changement notable. Le Parlement européen s'est traditionnellement positionné comme le gardien de l'intégration européenne, poussant souvent vers plus d'harmonisation plutôt que moins. Son discours suggère que les préoccupations de compétitivité, notamment vis-à-vis de la Chine, l'emportent désormais sur l'agenda intégrationniste traditionnel. L'UE doit réduire la paperasserie et renforcer son marché unique pour être compétitive dans l'économie mondiale, a-t-elle déclaré, citant explicitement la Chine comme référence concurrentielle.
Cette formulation importe car elle fait écho aux arguments avancés par les organisations patronales et les gouvernements de centre-droit à travers l'Europe. La question est de savoir si le Parlement livrera réellement des corrections au règlement sur les emballages ou si les paroles de Metsola resteront un positionnement rhétorique en vue de 2029.
Le calcul de la succession de 2029
Les présidents de la Commission européenne sont sélectionnés selon un processus combinant les élections au Parlement européen, les négociations du Conseil européen et le positionnement des partis politiques. L'actuelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a entamé son second mandat en 2024. Ce mandat court jusqu'en 2029, lorsque le prochain processus de sélection débutera.
Metsola devrait franchir plusieurs obstacles pour devenir une candidate crédible. Elle vient de Malte, l'un des plus petits États membres de l'UE, qui n'a jamais produit de président de la Commission. Les grands pays de l'UE attendent généralement qu'un de leurs ressortissants occupe cette fonction. Elle est également issue du Parti populaire européen, le groupe de centre-droit qui détient actuellement la présidence du Parlement, mais qui aurait besoin de maintenir ou renforcer sa position lors des élections de 2029.
Constituer un soutien italien est stratégiquement logique. L'Italie est la troisième économie de l'UE et exerce une influence significative au sein du Parti populaire européen. Le gouvernement Meloni, malgré son positionnement à droite, a travaillé de manière constructive avec les institutions européennes de centre-droit sur de nombreux dossiers. Si Metsola parvient à s'assurer le soutien italien tout en maintenant celui de l'Allemagne, de la France et des autres grandes capitales, sa candidature devient plausible plutôt que spéculative.
Le calendrier de correction du Parlement
Les travaux sur la correction du règlement sur les emballages sont en cours. Metsola a indiqué que le Parlement voterait sur une proposition en octobre 2026, lorsque les députés négocieront une version finale du texte avec les pays de l'UE. Ce calendrier laisse aux entreprises environ deux mois de fonctionnement sous les règles actuelles avant l'arrivée de modifications potentielles.
Le processus de négociation implique des trilogues entre le Parlement, la Commission et le Conseil de l'Union européenne. Chaque institution a des priorités différentes. La Commission souhaite des règles applicables et environnementalement efficaces. Le Conseil représente les gouvernements nationaux, dont certains veulent des règles plus strictes et d'autres un allégement pour leurs entreprises. Le Parlement doit concilier les engagements environnementaux avec les préoccupations de compétitivité.
La déclaration de Metsola selon laquelle le Parlement a pris l'initiative de corriger cette situation suggère que les députés préparent des amendements qui allégeraient les charges pesant sur les petites entreprises tout en maintenant les objectifs environnementaux fondamentaux. La forme exacte de ces amendements restera incertaine jusqu'à la publication du texte.
La question plus large est de savoir si le discours de Metsola à Rimini représente une véritable évolution politique ou un positionnement calculé. Sa critique du règlement sur les emballages est précise et concrète. Le Parlement a un vote prévu. La Commission a déjà signalé son ouverture aux changements. Il ne s'agit pas de fleurs rhétoriques mais d'engagements qui seront mis à l'épreuve dans les semaines à venir.
Ce qui reste incertain, c'est de savoir si les États membres accepteront les amendements du Parlement. Le Conseil s'est opposé à la suggestion de la Commission de supprimer entièrement l'exigence de représentant. Certains gouvernements souhaitent un allégement uniquement pour les petites et moyennes entreprises. D'autres maintiennent que des règles uniformes sur le marché unique sont essentielles pour l'application. Ce désaccord déterminera si les solutions de bon sens de Metsola deviennent loi ou restent matière à discours.
Pour les entreprises opérant au-delà des frontières de l'UE, le vote d'octobre offre une échéance concrète à surveiller. Les entreprises qui ont déjà désigné des représentants dans plusieurs juridictions pourraient voir ces exigences assouplies. Les entreprises qui ont retardé leur mise en conformité dans l'espoir de modifications devront décider s'il convient de mettre en œuvre maintenant ou d'attendre les règles modifiées. L'incertitude elle-même engendre des coûts que les architectes du règlement n'ont peut-être pas pleinement considérés.
Metsola a conclu ses remarques à Rimini en reliant la réduction de la bureaucratie à la compétitivité mondiale. Cette formulation positionne la politique réglementaire de l'UE comme une arme économique plutôt que purement comme un outil environnemental ou de protection des consommateurs. La question de savoir si cela représente un changement durable dans la gouvernance de l'UE ou un accommodement temporaire aux pressions politiques deviendra plus claire à mesure que les négociations sur les emballages se dérouleront et que 2029 approchera.
Sources
People mentioned
Roberta Metsola
Organisations
European Parliament · European Commission · Italian Government