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L'euro se maintient près d'un plus haut de sept semaines alors que le climat des affaires s'améliore et que les anticipations de baisse de la BCE s'estompent

La monnaie unique se négocie au-dessus de 1,08 dollar tandis que la confiance des entreprises allemandes se redresse et que les marchés intègrent moins de baisses de taux, mais les secteurs exportateurs alertent sur les risques de compétitivité.

By , Chef de rubrique Économie

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7 min read

L'euro s'est négocié au-dessus de 1,08 dollar mardi, se maintenant près d'un pic de sept semaines face au dollar, une série d'indicateurs de sentiment meilleurs que prévu ayant contraint les opérateurs à réévaluer le rythme auquel la Banque centrale européenne abaissera ses taux directeurs. Ce mouvement marque un tournant net par rapport au printemps, lorsque la monnaie unique dérivait vers 1,06 dollar dans un contexte d'attentes d'un cycle d'assouplissement rapide.

Les données de sentiment entraînent une réévaluation des attentes sur la BCE

Le catalyseur immédiat du rebond est un ensemble d'enquêtes suggérant que l'économie de la zone euro a peut-être franchi son point bas. L'indicateur du sentiment économique de la Commission européenne, les indices des directeurs d'achat de S&P Global et les baromètres nationaux du climat des affaires affichent tous une amélioration modeste depuis mai. Aucun ne dessine un redémarrage vigoureux, mais ils ont suffi à convaincre les marchés que la BCE peut se permettre de faire preuve de patience.

Les marchés monétaires intègrent désormais environ 50 points de base de baisses supplémentaires d'ici la fin de l'année, contre 75 points de base il y a un mois. Cette réévaluation a réduit l'écart de taux d'intérêt avec les États-Unis, où la Réserve fédérale est également attendue en baisse, mais selon un calendrier moins certain. Il en résulte un euro qui profite à la fois d'un caractère accommodant moindre à domicile et d'un dollar dépourvu de moteur directionnel clair.

Les responsables de la BCE ont renforcé ce message. Dans leurs discours de juillet et début août, les décideurs ont insisté sur une approche réunion par réunion, dépendante des données, plusieurs soulignant que le taux actuel de la facilité de dépôt, à 3,25 %, est probablement suffisamment restrictif pour ramener l'inflation à l'objectif sans étouffer la croissance. Les archives de presse de la BCE font apparaître un glissement constant de la formulation, passant de « nouveaux progrès de la désinflation » à « surveillance des données entrantes pour déceler des signes de durabilité ».

La stabilisation allemande ancre le rebond

Aucune donnée ne pèse autant que l'indice du climat des affaires Ifo, en hausse pour le troisième mois consécutif. L'enquête de l'institut munichois auprès d'environ 9 000 entreprises montre une amélioration à la fois de la situation actuelle et des attentes, une configuration qui précède historiquement un retournement de la production industrielle. Le secteur manufacturier allemand, qui s'est contracté pendant cinq trimestres d'affilée jusqu'au début 2025, semble trouver un plancher.

Destatis a confirmé cette tendance dans ses derniers chiffres de commandes industrielles, qui font apparaître une hausse de 1,3 % en rythme mensuel en juin, portée par les biens d'équipement. La Bundesbank, dans son rapport mensuel, a relevé que « le pire de la récession industrielle semble derrière nous », tout en avertissant que les vents contraires structurels, coûts énergétiques, concurrence chinoise, poids démographique, restent présents.

Pour l'euro, l'Allemagne compte de manière disproportionnée. Première économie de la zone, son cycle d'activité entraîne l'ensemble. Un indice Ifo en stabilisation réduit la probabilité d'un scénario de récession profonde qui contraindrait la BCE à des baisses agressives, soutenant ainsi la monnaie.

Le caractère persistant de l'inflation limite la marge de manœuvre de la BCE

La prudence de la BCE ne tient pas seulement à la croissance. L'inflation totale en zone euro est tombée à 2,4 % en juillet, selon l'estimation flash d'Eurostat, mais l'inflation sous-jacente, hors énergie, alimentation, alcool et tabac, est restée à 2,8 %. L'inflation des services, composante la plus sensible aux tensions salariales domestiques, s'est maintenue au-dessus de 3,5 %.

Ces chiffres expliquent pourquoi le Conseil des gouverneurs ne se presse pas. Les propres projections de la BCE, publiées en juin, tablent sur une inflation sous-jacente de 2,8 % en moyenne cette année et de 2,3 % en 2027, toujours au-dessus de l'objectif de 2 %. Tant que l'inflation des services ne montrera pas de retournement net, les responsables ont indiqué qu'ils maintiendront une politique restrictive. Cette posture, communiquée lors de la conférence de presse de juillet et dans des entretiens ultérieurs, a soutenu l'euro.

Les secteurs exportateurs ressentent les effets d'une devise plus forte

La hausse de la devise n'est pas accueillie partout avec faveur. Un euro à 1,08 dollar est environ 3 % plus fort qu'à son creux d'avril, et pour une économie dépendante des exportations, cela compte. Les prévisions estivales de la Commission européenne tablaient sur un EUR/USD moyen de 1,07 dollar pour 2026 ; une cotation durablement supérieure à ce niveau pèse sur les exportations nettes.

Les fédérations industrielles en Allemagne, en Italie et en France ont toutes soulevé des préoccupations de compétitivité dans de récentes notes de position. Le secteur de la mécanique, baromètre des biens d'équipement allemands, a fait état d'une baisse de 4 % en glissement annuel des prises de commandes en provenance de pays hors zone euro au deuxième trimestre, la devise étant citée comme facteur, aux côtés de la faiblesse de la demande chinoise. La contrepartie, des importations moins chères d'énergie et de biens intermédiaires, soutient l'inflation mais ne compagne pas la pression sur le chiffre d'affaires des exportateurs.

Niveaux techniques et inconnue de la Fed

Sur le plan graphique, la zone des 1,09 dollar représente la prochaine résistance significative. Ce niveau a plafonné les rebonds de mars et mai, et une rupture nette déclencherait probablement des achats de momentum vers 1,1050 dollar, soit la moyenne mobile à 200 jours. À la baisse, la moyenne mobile à 50 jours proche de 1,0720 dollar et le seuil psychologique de 1,07 dollar constituent les premières lignes de défense. Une clôture journalière sous 1,07 dollar signalerait que le rallye a vécu.

Le moteur externe reste la politique monétaire américaine. La Réserve fédérale a maintenu ses taux à sa réunion de juillet mais a laissé la porte ouverte à une baisse en septembre. Si les données d'inflation américaines continuent de s'assouplir, le dollar pourrait s'affaiblir davantage, portant l'euro à la hausse quelles que soient les fondamentaux de la zone euro. À l'inverse, un rapport solide sur l'emploi américain ou une inflation des services persistante raviverait le récit du « plus haut plus longtemps » et pousserait l'EUR/USD vers 1,06 dollar.

Ce que réserve le calendrier des données

Les deux prochaines semaines mettront à l'épreuve la résistance de l'euro. La publication flash du PIB de la zone euro pour le deuxième trimestre est attendue le 14 août, le consensus tablant sur une croissance de 0,2 % en rythme trimestriel, à peine positive. Une déception raviverait les craintes de stagnation. La semaine suivante sera marquée par le détail de l'indice des prix à la consommation harmonisé de juillet, où l'inflation des services sera passée au crible pour déceler tout signe de retournement.

Au calendrier allemand, l'enquête ZEW sur les attentes, le 12 août, et la publication finale du PIB du deuxième trimestre, le 26 août, actualiseront le tableau. Le compte rendu de la réunion de juillet de la BCE, publié le 21 août, pourrait révéler combien de gouverneurs ont plaidé pour une pause plutôt que pour une nouvelle baisse. Aucune de ces publications ne devrait à elle seule faire bouger significativement les choses, mais elles détermineront ensemble si la configuration actuelle, moins de baisses, euro plus fort, résistera à l'été.

Sources

  1. CryptoRank

    cryptorank.io · 2026-08-10

Organisations

European Central Bank · Ifo Institute for Economic Research

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